Les oeuvres d'art de la Fondation de Corse UMANI
 
 

Simone Dat

Les oeuvres d'art de l'AFC UMANI  

Simone Dat fait partie de ces peintres dont l'oeuvre est empreinte dès le début d'une grande sincérité. Pendant près d'un demi-siècle, elle exprimera son humanisme profond et sa volonté, en traitant de thèmes liés au monde rural, afin de nous faire renouer avec nos racines profondes. Sa vie est d'ailleurs à l'image de son oeuvre. S'installant en 1949 à la Ruche ne cherche-t-elle pas à retrouver l'atmosphère d'un village dans une capitale en pleine agitation artistique ? Elle s'intègre ainsi au groupe de la Ruche rejoignant les peintres De Gallard, Rebeyrolle et Thompson. Peintres de conviction qui voient plus de liberté dans un tableau du Titien ou de Courbet que dans une toile abstraite, ils veulent témoigner à travers un réalisme moderne de leur attachement à la Nature et à la condition humaine. Le succès est rapide. A 22 ans, Simone Dat participe au Manifeste de l'Homme Témoin aux côtés de Bernard Buffet et Lorjou. Le tout Paris s'enthousiasme pour ces peintres qui créent leur salon : le Salon de la Jeune Peinture. En 1954, le prix Fernand Léger couronne son travail. L'année suivante, elle est sélectionnée par Marcel Zahar pour la fameuse exposition "La Nouvelle Vague" à la galerie Framond. C'est l'époque où Henri Hérault écrit dans l'Amateur d'Art : "J'ai été enthousiasmé dès le début par les peintures d'une sensibilité si aïgue de Simone Dat... La meilleure femme peintre de la nouvelle génération... Des toiles rigoureusement dessinées, charpentées, solides." La Marlborough Gallery de Londres lui ouvre ses portes suivie par la Galerie Reichenbach de Houston en 1960. Malheureusement, l'avènement du dogme de l'avant-garde et de l'art-valeur qui retire à Paris sa place prédominante au profit de New-York et de son école expressionniste abstraite poussera Simone Dat à se retirer d'une certaine scène artistique. Fidèle à elle-même, elle ne se détournera pas de sa route pour être à la mode mais continuera à approfondir ses recherches dans son atelier de la Ruche. Sa vision du monde rural va se modifier et par là-même sa manière de peindre. D'un monde paysan décrit de façon paisible dans les années 50, à travers des paysages de campagne et des scènes de vie comme son "départ pournle marché" de 1954, elle évolue au début des années 1990 vers une peinture expressionniste, au dessin moins serré, qui est un cri de détresse d'un monde en disparition. Les dernières toiles de Simone Dat sont un vrai choc visuel. Les regarde-t-on ou est-ce que ces toiles qui nous regardent ? Approchez-vous d'elles et vous ne verrez qu'un champ labouré, écartez-vous en et le champ devient chair, la chair visage et le visage désarroi. Oui, cette peinture ne peut laisser indifférent, il faut prendre le temps de la regarder, de l'écouter et, peut-être alors l'entendrez-vous vous murmurer ces mots d'Arthur Rimbaud : "Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! Paysan !"

Pierre Basset; 1996

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