COMPRENDRE LES TRAUMAS

VENEZ NOUS RETROUVER POUR « COMPRENDRE LES TRAUMAS »: Nous serons aux 4 coins de l’île la dernière semaine de septembre dans le cadre de notre programme Università di l’Omu pour des conférences exceptionnelles sur la thématique du trauma:

Le regard d’un praticien du trauma : Vincent Girard, 

et celui d’un artiste engagé:  Jean François Bernardini

 « Le trauma: Comment impacte-t-il notre vie , nos sociétés? Quelle réponse scientifique et citoyenne ? »: avec Vincent Girard – Praticien Hospitalier (psychiatrie, Assistance publique des Hôpitaux de Marseille) – Chercheur Associé Laboratoire de santé publique.

« Corsica -France: une relation explosive. Y a-t-il un pourquoi? »: avec Jean Francois Bernardini- I Muvrini

« L’incompréhension du présent, naît fatalement de l’ignorance du passé » .

Marc Bloch

Un trauma collectif non résolu peut agir comme une paire de lunettes héritée, imposée par le passé. Ce qui arrive aujourd’hui est réel, mais nous l’interprétons parfois à travers une histoire plus ancienne.

A notre insu, une histoire douloureuse peut continuer à vivre dans les mémoires, les récits, les peurs, les silences, les institutions et les comportements. L’événement est terminé, mais la relation à l’événement ne l’est pas.

En langage simple : un trauma collectif non résolu, est une blessure grave vécue par une société ou un groupe.

Blessure appartenant au passé, blessure invisible, mais dont les effets continuent à influencer le présent.

Blessure qui continue à influencer notre façon de voir l’autre, de réagir et de vivre ensemble.

Une thèse, une vérité renversantes.

La thèse du « trauma Corsica–France » renverse profondément la compréhension de ce que l’on nomme le « problème corse », l’« énigme corse ».

Elle change l’hypothèse de départ.

Pendant des décennies, on a répété : « La Corse est en échec, la Corse est violente et dangereuse »

La thèse du trauma conduit à demander : « Qu’est-il arrivé dans la relation Corsica–France pour qu’elle reproduise, génération après génération, autant d’échecs, de tensions, de défiance et de violence ? »

Cette grille de lecture est un déplacement, un renversement considérable.

Les explications habituelles invoquent le caractère supposément particulier des Corses, une « culture de la violence », les « vieux démons », le clanisme ou une incapacité chronique à accepter la France.

Et s’il s’agissait là d’une véritable arnaque intellectuelle ? Une propagande, une idée « écran » très commode, inaugurée par Mérimée, augmentée par la représentation actuelle de la Corse, et qui triomphe sur tous les écrans et dans les consciences ?

Une autre grille de lecture

La thèse du trauma Corsica – France porte un éclairage, une chance. Une perspective de vérité, de guérison.

Ce qui ressemble à un dialogue de sourds ne serait-il pas plutôt un « dialogue de blessés » ?

Dans un dialogue de sourds, il faut parler plus fort.

Dans un dialogue de blessés, il faut d’abord identifier ce qui fait mal et ce qui réactive la blessure des 2 côtés. Cela est possible, et cela change tout.

Aujourd’hui dans le monde, à Belfast, Toronto, Oslo, Marseille … le mouvement international « Trauma informed Cities » confirme l’importance des traumas – blessures jamais reconnues – quant à l’origine des violences et des échecs répétés.

Cette prise de conscience confirme combien les traumas impactent les vies individuelles, collectives, et façonnent l’histoire.

En Irlande, en Haiti, en Algérie, en Corse et ailleurs… ils impactent lourdement les politiques, les relations internationales, les conflits de tous ordres.

Les traumas non résolus ferment les portes et les consciences

Ils alimentent et reproduisent le conflit indéfiniment, empêchant les solutions.

Ainsi, la question n’est plus seulement de résoudre le conflit.

Elle devient :

Comment sortir du mécanisme qui le reproduit ?